L’attaque des États-Unis contre l’Iran a vraisemblablement été une erreur politique de Trump.[1] Une puissance digne de ce nom doit examiner le bien-fondé, la légalité et les implications d’une frappe militaire de grande envergure et non se contenter de servir d’appui à une opération militaire quasi-unilatérale d’un premier ministre, Netanyahu, déclenchée sur la base d’une accusation non étayée par des preuves. On ne peut agir ainsi sans écorcher sa crédibilité. La paix réelle ne se promeut pas en montrant ses muscles, mais en agissant avec justice, surtout dans un contexte où plusieurs nations disposent d’armes nucléaires.
Toutefois, l’intervention américaine en Iran a été limitée dans son champ (seuls les sites nucléaires ont été visés) et dans le temps, Trump s’étant ensuite empressé de calmer le jeu et d’annoncer la cessation des hostilités entre Israël et l’Iran, une excellente nouvelle pour les populations victimes d’une poignée d’extrémistes dans les deux camps. La réaction mitigée de Trump peut être diversement interprétée et il en découle trois (3) hypothèses alternatives, voire assez cumulatives.
- Trump a été convaincu d’intervenir militairement par les néoconservateurs républicains (faucons) et par le puissant lobby Israélien, mais il a dû se contenir face au rejet, à l’intérieur du mouvement MAGA, d’une opération militaire à l’étranger contraire à ses promesses électorales.
- Trump aurait fait l’objet d’un chantage de la part de Netanyahu pour le pousser à intervenir. Après avoir quitté ses fonctions gouvernementales, Elon Musk avait déclaré que Trump figurait sur la fameuse liste d’Epstein, ce qui pourrait expliquer pourquoi la divulgation officiellement promise et fortement attendue de cette liste n’a jamais été effectuée par l’administration Trump. Certains pensent qu’Epstein était un agent des services secrets israéliens, lesquels disposeraient d’informations compromettantes sur plusieurs personnalités politiques aux États-Unis et dans le monde.
- Pris entre le marteau et l’enclume, Trump aurait coupé la poire en deux. Il aurait ordonné la frappe militaire contre les infrastructures nucléaires iraniennes pour donner satisfaction au gouvernement Israélien de façon provisoire, mais de manière à le contenir dans ses visées guerrières. En même temps, il n’aurait pas en réalité détruit ces infrastructures nucléaires pour donner satisfaction à ses partisans MAGA, à l’Iran (pays dont la directrice des services de renseignement américain Tulsi Gabbard a affirmé qu’il n’était pas sur le point de se doter d’un armement nucléaire), et à la Russie, un soutien de l’Iran qui ne peut pas être objectivement ignoré dans la région.
En espérant cette séquence politique close, mais on n’est pas à l’abri d’un rebondissement, l’analyse des forces autour du Président américain permet d’identifier la présence de 3 groupes : le groupe des inconditionnels de Trump qui représentent un soutien utile, mais ne peuvent servir de garde-fous ; le groupe des fidèles au projet politique, mais qui exercent leur sens critique et ont notamment exprimé leur désaccord sur l’Iran ; et le groupe des faucons belliqueux qui incluent les opportunistes ayant rallié le candidat Trump à la dernière minute et qui tentent désormais de neutraliser le groupe précédent en prétextant son infidélité à Trump. Ce groupe minoritaire des faucons est le plus à surveiller car capable de vider de sa substance le mandat en cours. Fort heureusement, le pire n’est jamais certain.
[1] Associated Press, June 21, 2025, www.youtube.com/live/cVim4IaRsn0
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